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UN COUP D’OEIL EN PAS-SANT : PACO MARTIN DOMINGUEZ

Comme cette œuvre réalisée aux crayons de couleur a fait partie de l’exposition 2016 de PAS, j’ai pu la voir en personne. Au premier abord, cela me rappelait les natures mortes austères par le grand artiste espagnol Francisco de Zurbarán, une figure importante de l’héritage culturel d’un artiste contemporain qui vient d’Espagne.

Tangerines

Tangerines

Zurbarán avait une vision assez sévère des choses. Il nous montre des objets humbles et ordinaires, posés sur une table comme sur un autel. Noir profond, les arrière-plans renforcent le caractère sacramentel. L’œuvre de Martin-Dominguez est similaire jusqu’à un certain point, mais il y donne par contre une interprétation qui en est la sienne. Ici, il range par paire des tangerines avec une chose tout aussi humble, mais plus inattendue : du papier brun chiffonné. Ainsi, il nous oblige à voir chaque objet à nouveau à chaque fois. Que faisons-nous de cela ?

Ce que nous savons, cependant, c’est que l’œuvre est magnifique. Pouvoir la regarder en personne est un pur délice. On constate une attention particulière aux détails, le fruit de l’étude et de l’application. Comme il est satisfaisant de s’attarder sur les nuances de l’œuvre ! Parce que l’artiste a vraiment examiné et étudié ses sujets, il veut que nous les apprécions avec la même intensité qu’il les apprécie. La première chose que l’on remarque à propos des tangerines, c’est leur couleur éclatante. Nous passons ensuite à l’écorce finement grenue et à la peau blanche. J’aime particulièrement les minuscules points lumineux sur l’orange non pelée, juste assez pour évoquer la texture de la peau.

Je crois que le papier chiffonné mérite une mention spéciale. Cela donne beaucoup d’énergie à la pièce. C’est en effet une merveille de formes de plis et froissements. C’est presque comme une carte. Des lignes zigzaguent par-ci par-là, accrochant notre regard sur des détails autour de l’œuvre. Comme les tons des couleurs sont magnifiques et variés! Toujours et encore, nous voyons des lumières entrer en collision, comme dans une grave querelle, avec des ombres, ensuite pour se dissoudre l’une dans l’autre, semblant se réconcilier. En faisant pontage des deux moitiés de l’œuvre, le papier crée des motifs qui répètent ceux de peau blanche pour créer ainsi un effet visuel d’unité.

Des couleurs chaudes et douces servent aussi bien à unifier l’œuvre : des tons beige et crème doux, de belles et très appétissantes teintes bordeaux et orange (jeu de mots voulu). Je crois que c’est là une des raisons pour lesquelles « Tangerines » me paraît si attirant et engageant. Nous sentons que nous faisons partie de cette scène avec une ambiance chaleureuse et détendue. Nous voulons froisser encore plus le papier et explorer les fruits avec le bout de nos doigts. J’aime voir des œuvres d’art de qualité exceptionnelle réalisées avec les crayons de couleur ! Et Voilà ! Il semble bien qu’une fois de plus, l’art du crayon nous a prouvé qu’il est capable de tout faire !

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